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Contournement de Mussidan : une dernière ligne presque droite

Envisagé il y a de ça dix-sept ans, le contournement de Mussidan devrait être opérationnel en 2018, date à laquelle le dernier tronçon reliant la D20 et la D709, aux abords de l’autoroute 89, sera terminé.

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Le président du département Germinal Peiro et les conseillers de la Vallée de l’Isle Jean-Michel Magne et Carline Cappelle

« On n’a pas construit les bourgs pour le trafic poids lourd qu’on a aujourd’hui » clamait volontiers le président du département Germinal Peiro, lundi 19 septembre. Si ce leitmotiv est actuellement plutôt entendu du côté de Beynac, c’est bien à Mussidan que celle-ci résonnait lundi, date d’une visite du seul grand chantier routier de l’année pour le Département.

C’est qu’avec cet ouvrage de 2,5km en cours, c’est la finalisation d’un contournement attendu, qui permettra au trafic arrivant de l’autoroute et du bergeracois d’éviter le bourg mussidanais pour se rendre au choix vers le pays foyen, le montponnais ou la route d’Angoulême, et vice-versa. Bref, une première estimation à 5000 véhicules quotidiens justifie cette opération à 14,9 millions d’euros, dont 5,5 millions d’euros pour cette dernière tranche.

Soucieux de réaliser un circuit qui n’ait pas à épouser les courbes vallonnées des terres de St Médard et des Lèches, la grande partie des travaux consistent en un terrassement dans des sols argileux de mauvaise qualité. Mais si la chaleur n’a pas fait le bonheur des agriculteurs cet été, elle fut bénéfique à l’avancement des travaux, qui ont déjà permis d’extraire et remettre en place 125 000 m3 sur les 200 000 m3 prévus par Sébastien Bisson, directeur adjoint au pôle route du Département, la dernière tranche devant avoir lieu l’été 2017. Le rattrapage sur la route de Bergerac ne se fera par contre pas au niveau du giratoire existant pour des raisons techniques, mais sur un giratoire voisin créé aux abords de la zone industrielle des Lèches. L’enrobé se fera alors en fonction des conditions météorologiques, pour une mise en service courant 2018.

Des obstacles politiques aux défis techniques

Si la directrice des routes Isabelle Albrand a ainsi déroulé son exposé devant les responsables politiques locaux et les responsables des travaux, elle ne s’est pas trop penché sur le délai entre la première déclaration d’utilité publique en 2001 et sa réalisation aujourd’hui. Car bien que ce contournement paraisse aujourd’hui faire l’unanimité, cela ne fut pas toujours le cas.

Outre les négociations nécessaires avec les cinquante propriétaires présents sur le tracé complet de 4,20km, pour un coût de 300 000 €, les élus ont évoqué le souvenir du mouvement d’opposition qui a pris forme sous l’acronyme d’ADOL. Cette association, dont quasiment plus aucun membre n’est dans les environs, a poussé les élus locaux et le département dans leurs retranchements durant quelques années, le temps pour la collectivité de focaliser ses travaux sur d’autres portions de l’axe Ribérac – Bergerac. Ce conflit, aujourd’hui enterré, est informellement lié par certains à la controverse sur l’emplacement de l’échangeur, entre Sourzac et Les Lèches. Un jeu politique qu’il est bon de prendre avec du recul, puisque la zone économique de Ganfard aux abords de l’entrée de Sourzac est encore vierge, quand celle des Lèches commence enfin à se peupler. À savoir ce qu’aurait impliqué une réalisation plus rapide de ce contournement en termes de retombées économiques, les soupirs vont bon train.

Sur le plan technique cependant, il était de bon ton de présenter les dernières innovations de l’entreprise Colas, principal prestataire, qui devraient être testés en avant première sur ce tronçon, avec une stabilisation de déblai à la Fontaine de Courtaise réalisée par des drainages obliques, préférés aux traditionnels talus et risbermes. Il a bien été précisé par ailleurs que les eaux de pluie et celles s’écoulant sur la route iront dans des bassins différents, afin de traiter au mieux les pollutions possibles.

Enfin, s’il y a un point positif à attribuer au délai tardif, c’est la solution proposée pour résoudre la question du covoiturage aux abords de l’autoroute. Une aire de covoiturage d’une capacité de 30 places est en effet prévue aux abords du giratoire de la D709, palliant la question des stationnements sauvages qui tendent à croître à la même vitesse que cette pratique d’économie de transport.

Le descriptif du contournement

Le descriptif du contournement

 

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