Dossier :

a deux MBN V3

Olly – Un corps sain dans une culotte écolo

Trois étudiantes de l’école supérieure de commerce de Paris (ESCP), réunies au sein de leur nouvelle start-up Olly, profite des ressources de la vallée et des beaux jours périgourdins pour mettre sur orbite leur projet de culotte écologique, garantie sans produit toxique.

Backstage

Séance photo dans les paysages de la vallée de l’Isle – Photo Olly

Si les balades sont actuellement plus propices à la rencontre de dresseurs la tête baissée sur leurs smartphones, les promeneurs qui levaient les yeux ces derniers jours à Douzillac auraient pu avoir l’opportunité de croiser une espèce plus rare, à savoir des jeunes femmes dans leur plus simple appareil. Et par simple, on entend une culotte dénuée de tout ce que l’industrie pétrochimique a pu apporter en terme de tissus synthétique, sans pour autant abandonner toute forme d’esthétisme.

C’est là le pari fait par trois étudiantes de l’ESCP revenues d’une année sur le campus berlinois en 2015, avec le goût de l’entrepreneuriat et l’envie d’un mode de vie plus écolo. Car si la nourriture et les produits cosmétiques ont désormais leurs propres rayons dans les commerces, la démarche est moins avancée sur les cintres des magasins de vêtements. L’une des deux Clémentine du trio se souvient de sa difficulté à trouver de la lingerie à partir de matières bio, qui « fasse plus jeune, plus moderne, plus jolie ». « Aujourd’hui, les alternatives en bio qui existent, c’est soit très sportwear, soit très grand-mère… ou soit très laid ! » ajoute Mathilde. Et s’il est bien naturel de vouloir plaire pour ces jeunes adultes, il leur paraît primordial de ne pas s’en tenir qu’aux apparences, d’autant plus que la lingerie est en contact direct avec la peau par rapport à d’autres accessoires vestimentaires. « La campagne Détox lancée par Greenpeace révélait que 63% des vêtements testés utilisaient des produits toxiques, dont certains peuvent être des perturbateurs endocriniens » s’alarme l’une d’entre elles. Et quand on parle de vêtements en coton, celui-ci est généralement produit à coup d’OGM, de pesticides et d’énormes quantités d’eau. Autant de processus qui font de la mode la deuxième industrie la plus polluante au monde.

Ainsi, plutôt que de patienter dans leur coin que le monde fasse à leur place, elles décidaient de mettre leur idée à l’épreuve d’un cours d’entrepreneuriat, passant du statut de l’innovation loufoque du cours à celle de produit sérieux et dans l’air du temps. Olly – pour Organic and Lovely lingerie. Yours – était née.

De l’entrepreneuriat artisanal au nouveau Slip Français ?

Clémentine Girard, Clémentine Vanpoulle et Mathilde de Sacy

Clémentine Girard, Clémentine Vanpoulle et Mathilde de Sacy

Après avoir sondé l’opinion publique via la création d’un site internet et d’une page Facebook, les trois jeunes femmes souhaitent profiter de leur basculement sur le marché du travail pour tenter la concrétisation. C’est là que démarre un partenariat avec Maud, styliste intéressée par le projet, et que la véritable aventure commence. Elles prennent contact avec des fournisseurs de coton bio respectant la norme Oekotex pour les teintures, c’est-à-dire sans produit nocif, et achètent les matières de détail dans l’Union Européenne, à savoir des dentelles de Calais et des tulles d’Italie, la confection se faisant à la frontière autrichienne en Hongrie. Une aventure déjà riche en apprentissage et bien différente de celles des entrepreneurs du moment, qui innovent à coup d’applications mobiles et de code numérique. « La démarche industrielle n’a pas grand chose à voir avec cette forme d’entrepreneuriat » nous expliquent-elles.

Cette première étape franchie, encore faut-il faire connaître le produit. C’est donc sur les terres d’origine de Mathilde, à Douzillac qu’elles ont décidé de passer l’étape suivante : les photos promotionnelles. Désormais munies de quatre prototypes, elles ont fait appel aux compétences et connaissances de l’entourage pour une recette DIY : entre le papa photographe et la colocataire de la sœur partante pour jouer la mannequin, tout est bon pour avancer à moindre frais. Même le traditionnel studio photo passe à la lumière naturelle, avec des séances organisées entre le jardin coloré du parrain de Mathilde et les premières têtes fleuries de tournesol. Avec ce résultat traité d’ici la fin de l’été, elles souhaitent lancer une campagne de crowdfunding sur la plateforme Ulule pour vendre leur premières réalisations et obtenir des financements de soutien dès septembre. Objectif : au moins 200 ventes, pour une somme entre 25 et 30 € par culotte.

À partir de là, la réussite de l’opération dira si l’aventure continue ou pas, sachant qu’elles pensent déjà à décliner leur approche sur les soutiens-gorges et autres vêtements. Toujours est-il que ce projet fait vite penser à un autre, lié également à la terre périgourdine, et dont le succès s’étale désormais à la télévision. Le Slip Français, créée en 2011 par Guillaume Gibault, ancien étudiant d’HEC, a en effet commencé sa production chez Moulin Neuf Textiles, à Saint-Antoine-Cumond, avant de devenir une marque internationale. Un parcours qui fait rêver les trois entrepreneuses. « ils ont réussi à créer une belle image de marque, et on aimerait en faire autant […] avec la démarche écologique en plus, et moins sportwear » font-elles valoir.

En tout cas, ces trois filles semblent bien décidées à ne pas se laisser dicter ce qu’elles doivent porter en dessous. Et quitte à porter la culotte, autant qu’elle soit naturelle.

La vidéo de présentation d’Olly

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