Dossier :

limitation tonnage

Statu quo autour du projet de méthaniseur

Sujet à controverse sur la commune de Saint-Aquilin et aux alentours, le projet de méthaniseur de la SAS Méthacycle est aujourd’hui bloqué par le tonnage limité de la voie d’accès au lieu-dit de Boisset, principal obstacle à l’obtention du permis de construire.

Ouvert il y a plus d’un an désormais, le conflit autour du projet de méthaniseur à Saint-Aquilin ressemble de plus en plus à une guerre de tranchée, au sens figuré comme propre. Premier stigmate de ce conflit, un des draps blancs marqués de slogans et contre-slogans aux entrées de Boisset a ainsi récemment changé de position, le propriétaire du terrain opposé au projet ayant réalisé un fossé pour empêcher l’accès à son voisin agriculteur.

Si l’œil du badaud est d’abord attirer par ces petits détails visibles, c’est dans le bureau de la maire que la suite du projet se joue actuellement. Détentrice du pouvoir de police pour la circulation sur les routes de la commune, elle est la seule à pouvoir relever le tonnage limité à 9 tonnes sur l’accès de Boisset, condition sine qua non pour l’obtention du permis de construire. Et pour l’heure, Annick Dezon ne semble pas disposer à changer quoi que ce soit. « Pour l’instant, c’est statu quo » explique-t-elle clairement, avant de préciser que toutes les routes communales ont été limitées à ce tonnage durant les années 1970. Une législation qui peut cependant laisser dubitatif face aux usages de longue date des agriculteurs, relativement nombreux sur la commune, qui disposent d’engins lourds pour se rendre sur leurs différentes parcelles. Face à ce comble, les responsables du projet disent être entrés en contact avec le préfet d’arrondissement M. Bassaget, favorable à une rencontre avec la municipalité pour discuter du sujet.

Voisinage sous tension

Derrière cette apparente trêve hivernale, tous restent cependant sur le qui-vive. Désireux de montrer que le projet ne doit pas être assimilé à la seule figure du propriétaire de la GAEC des Charmes, Jules Charmoy, mais bien à un collectif large, l’association Méthacycle a lancé en janvier une opération visant à remplir les boîtes aux lettres des riverains opposés au projet de courriers de soutien. Si le modèle de courrier joint était cordial et formel, le message d’introduction signé par M. Charmoy était davantage pimenté, ciblant les activités professionnelles des destinataires pour justifier cette action.

Mis au courant de la teneur des propos, certains destinataires ont porté plainte pour diffamation. L’initiative n’a par ailleurs pas été au goût de tout le monde. Le collectif Attac Dordogne, destinataire du courrier, s’est déclaré contre en conseil d’administration. Au sein du conseil municipal, certains conseillers municipaux favorables au projet semblent avoir changé d’avis après cette charge. Au total, 19 lettres auraient été envoyées aux trois foyers ciblés.

Le projet continue parallèlement d’engranger les bons points sur le plan financier, avec la réponse positive de l’Agence Bio sur son appel à projet en décembre dernier. Celui-ci devrait permettre à la SAS de financer environ 30 % du séchoir. Mais là aussi, le temps est compté, puisque les conditions de base fixent un démarrage des travaux avant la fin 2016.

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