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Coup de main citoyen contre chenille et frelon

Face à l’arrivée des frelons asiatiques et des chenilles processionnaires, la CCMP organise des rencontres publiques sur son territoire pour sensibiliser les habitants, comme à Saint-Michel-de-Double mercredi soir. Ils profitent également de l’occasion pour aborder un dossier souvent épineux auprès des usagers, le SPANC.

Serge Durant, maire de Saint-Michel, introduit la rencontre publique

Serge Durant, maire de Saint-Michel, introduit la rencontre publique

À peine a-t-on commencé de s’émerveiller devant les premières fleurs printanières que le badaud peut commencer à se faire du souci : les reines des frelons asiatiques s’apprêtent à sortir de leur tanière. Débarqué sur nos côtes il y a de ça près de 10 ans, le Vespa Velutina a véritablement envahi nos campagnes depuis quelques années, au point de devenir un problème environnemental majeur.

C’est dans ce contexte que M. Jacques, le président de l’Association de sauvegarde de l’Environnement (ASE) basée à Vélines, fait actuellement le tour des villages de la CCMP pour expliquer les risques associés à cette espèce invasive dévoreuse de pollinisateurs comme l’abeille, et les solutions qui vont avec.

Première information plantant le décor pour l’année à venir : on estime, selon diverses études, la présence de 200 à 500 reines en devenir pour chaque nid de l’année passée. On comprend ainsi mieux la rapide expansion de l’espèce arrivée en nombre très limitée, et autant dire que l’hiver doux que nous connaissons ne va pas aider à la ralentir. Omnivore en puissance, les frelons asiatiques sont capables d’engloutir tout insecte qui leur passe entre les pattes. Or une fois à leur summum, les nids peuvent compter près de 3 000 frelons, 20 000 sur toute la période d’activité de la reine. Une ruche devient donc le garde-manger idéal pour ces derniers.

Un piège fait maison

Un piège fait maison

Il revient donc à tout un chacun de retrousser les manches dès aujourd’hui pour piéger les reines tant qu’elles sont seules pour se nourrir et bâtir leur base de nid. Une bonne dose de boisson sucrée et alcoolisée – au-delà de 5% pour faire fuir les abeilles – dans un contenant à hauteur d’homme permettrait ainsi de réduire drastiquement les futurs désagréments. Cette recette est applicable jusqu’à mi-mai, date à laquelle les premiers frelons ouvriers vont naître et permettre à la reine de rester sans risque à la maison, mais aussi à laquelle les frelons européens débarquent et risquent de tomber dans le panneau également. Bien que capable de manger des abeilles, cette espèce est 10 fois moins nombreuse que celle du frelon asiatique et largement moins gourmande en hyménoptère. Il convient donc de la laisser en paix pour ne pas l’anéantir.

Après mai, c’est en signalant la présence de nid, ou mieux encore, en devenant bénévole que le citoyen peut jouer son rôle. L’ASE s’engage ainsi à intervenir dans la mesure du possible pour soit inoculer un gaz dans le nid durant la nuit, soit aspirer les frelons à l’entrée de la maison en journée. Malheureusement, avec seulement 3 bénévoles sur le territoire de la CCMP, il devient difficile de tenir le rythme, et ce service auquel adhère l’intercommunalité pourrait toucher à sa fin. Il devient donc urgent de trouver des bonnes volontés, qui seront alors formées et équipées en bonne et due forme pour intervenir sur le territoire. Bien que bénévole, tous les frais engagés sont pris en charge par l’association, contre une simple adhésion de 5 €. Quant aux territoires non pris en charge par l’association girondine, il est de bon ton de se rapprocher des apiculteurs locaux, susceptibles d’intervenir sous l’aval du GDSA départemental.

La chenille processionnaire s'attaque aux pins

La chenille processionnaire s’attaque aux pins

Moins dangereuse mais tout aussi invasive, la chenille processionnaire est souvent le fléau des propriétaires de chiens. Car avant de devenir un papillon de nuit, elle s’attaque aux pins qui s’affaiblissent, et son poil urticant a déjà fait perdre bien des langues à nos animaux de compagnie. Pour faire face à son cycle de vie, l’ASE propose des solutions écologiques en revendant à prix coûtant les pièges à installer au pied des arbres colonisés entre janvier et mai, ou bien un piège à phéromone pour intercepter les mâles avant la fécondation. Autre solution : favoriser la présence de mésanges dans les environs, on ne trouve pas meilleur prédateur.

Retrouvez les dates prochaines réunions de l’ASE sur leur site.

L’assainissement, moins important?

Mis à part ces sujets, les diverses réunions publiques organisées sur le territoire mussidanais sont également l’occasion pour les élus de rappeler sa mission envers les assainissements non collectifs, le SPANC. Jean-Français Melkebeke, maire des Lèches et vice-président en charge des logements intervenait donc pour préparer le terrain avant la venue du technicien de la Lyonnaise des Eaux auprès des foyers concernés, renouvelée tous les 6 ans. « Ce n’est pas un politique, il n’est là que pour donner des conseils et n’a aucun pouvoir » s’avance doucement le vice-président.

Malgré l’historique légal fait pour l’occasion, rappelant des dispositions mises en place dès 1992, et l’obligation de contrôle instaurée en 2006, le chemin reste encore long pour une véritable mise en conformité. De l’aveu même des élus, le risque de ne pas mettre ses installations en conformité est quasi-nul, le maire n’osant faire usage de son pouvoir de police. Et le coût d’une amende pour non-mise en conformité avancé par M. Melkebeke – 150 € – ne serait pas assez dissuasif face à un coût estimé autour de 10 000 € pour refaire un assainissement. C’est cependant mettre à la trappe une série de sanctions pouvant entraîner 6 mois d’emprisonnement et 75 000 € pour pollution de l’eau, comme prévu dans le code de l’environnement. Seules les nouvelles maisons ou les ventes sont sujettes à un contrôle plus important, avec une mise une norme exigée dans l’année.

Ainsi, rares sont les élus à se montrer intransigeants sur ce devoir citoyen. Pourtant, souvent minimisé face à l’impact de plus gros pollueurs, certains rapports locaux démontrent l’impact direct des rejets domestiques dans la détérioration de nos ressources aquatiques, à l’instar de la Beauronne de Saint-Vincent voisine. Car si le Doubleaud d’origine est réputé pour son mode de vie simple, nul doute qu’il a tout de même adopté une série de produits modernes, du contraceptif aux produits ménagers, qui se retrouvent facilement dans les ruisseaux si aucun filtre n’est mis en place.

Alors, plutôt que de se plier au regard renfrogné de son concitoyen, il serait certainement plus téméraire de la part des élus de défendre un assainissement toujours amélioré et faire alors la promotion des multiples aides existantes pour se lancer dans des travaux. Car à trop se focaliser sur la petite bête que peuvent être un frelon ou une chenille, on oublie vite le pouvoir destructeur de l’espèce humaine.

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