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Croisement de routes

Fusions communautaires : quelle direction pour la CCMP?

Le conseil communautaire du mussidanais se réunissait mardi 20 octobre aux Lèches, 15 jours après la présentation du schéma de coopération interdépartementale qui propose une fusion de la CCMP avec l’intercommunalité villamblardaise.

Jean-François Melkebeke et Michel Florenty ne défendent pas la même approche du dossier

Jean-François Melkebeke et Michel Florenty ne défendent pas la même approche du dossier

Le nouveau schéma intercommunal présenté le 5 octobre (disponible sur le site de la préfecture) n’a pas fini de faire jaser. En incitant à la fusion pour des entités communautaires et syndicales toujours plus grandes – il propose de passer de 26 à 19 intercommunalités et de 167 à 104 syndicats -, le préfet lance un mercato allant souvent au-delà des fusions espérées.

Ainsi, la proposition n°7 concernant une fusion entre la CCMP et la CCPV pour obtenir une entité de 14 360 habitants a rouvert une discussion bien plus large sur l’avenir du territoire mussidanais lors du dernier conseil communautaire. Parmi les municipalités qui se sont déjà positionnées, Les Lèches, Mussidan et Bourgnac ont pris le contre-pied du préfet pour demander un ralliement à la CAB. Un rapprochement bergeracois qui selon le maire de Mussidan, Stéphane Triquart, permettrait d’atteindre le seuil de 30 000 habitants nécessaire pour obtenir les faveurs de la Région, et qui ne serait pas préjudiciable sur le plan fiscal avec des taux d’imposition similaires. Face à ce positionnement, de nombreux élus – les maires de Beaupouyet, Saint-Laurent, Saint-Front-de-Pradoux, Saint-Louis-en-l’Isle… – ont rappelé leur préférence pour l’axe est-ouest, de Saint-Astier à Montpon, qui correspond par ailleurs au territoire du SCOT piloté par le Pays de l’Isle. Un troisième pôle d’élus se distingue également, favorable au statu quo étant donné que l’intercommunalité actuelle répond aux exigences légales de la loi NOTRe qui fixe le seuil minimum d’habitants à 6 659 habitants, contre 8 763 habitants actuellement. De l’argument logistique avancé par Germinal Peiro et repris par M. Florenty – « il vaut mieux un EPCI avec des petits projets qu’un EPCI avec 40km pour aller chercher un crayon » – au proverbe doubleaud du maire de Saint-Michel Serge Durant – « par devoir ou par raison, charbonnier est maître dans sa maison » – l’idée qu’il faille être gros pour être entendu n’est pas partagée de tous. Au final, la possibilité d’une fusion avec le Villamblardais semble plus être vu comme une solution intermédiaire que comme une fin en soi pour construire un projet stable, quand certains avancent qu’un « mariage entre deux pauvres » n’est pas porteur d’avenir. Toujours est-il que les élus communautaires ont jusqu’au 12 décembre pour exprimer leur opinion, et les coups de téléphone et rencontres avec leurs homologues des intercommunalités voisines ne font que commencer. Un vote aura lieu lors du prochain conseil communautaire.

La nouvelle carte proposée par le préfet

La nouvelle carte proposée par le préfet

Quant aux autres propositions du schéma concernant le territoire mussidanais, il fut question de la fusion des SMCTOM et du SMD3. Le maire de St-Laurent-des-Hommes Jean-Pierre Marache, président du SMCTOM Montpon-Mussidan, a ainsi fait remonter l’avis partagé au sein du SMD3 qui serait de repousser la proposition du préfet à l’horizon 2020. « Nous acceptons l’évolution vers une simplification administrative, mais au rythme des élus » a-t-il fait valoir.

La CCMP au secours de la Tresse

Dans la lignée des grands plans territoriaux, la CCMP a désigné 6 délégués titulaires et suppléants pour l’élaboration du SCoT, ainsi que 2 délégués pour le fond européen LEADER.

L’entreprise d’insertion La Tresse, qui travaille sur le recyclage des déchets textiles et des livres, a fait appel aux élus suite à un problème d’approvisionnement d’eau pour leur bâtiment en construction sur la ZAE des Lèches. Avec ce projet budgétisé à près de 2 millions d’euros, les élus se sont entendus pour soutenir la structure à hauteur d’environ 16 000 €, coût hors taxe des travaux nécessaires.

Le conseil communautaire a statué sur l’emplacement d’une borne pour véhicule électrique près du futur parking de la gare de Mussidan. Accord a été donné pour faire appel à l’ACCAD afin de nettoyer les espaces communs des immeubles et les logements remis en location pour ses différents logements. Sur le plan cartographique, la CCMP a donné accord pour une convention avec le service de la Région PIGMA ainsi qu’une convention avec l’ATD afin de permettre à Beaupouyet de profiter du service d’assistance à la dématérialisation des actes. Enfin le maire de Saint-Etienne-de-Puycorbier a fait l’inventaire des entreprises retenues pour la création du mémorial de la Résistance.

Par ailleurs en début de séance, le président de la CCMP Michel Florenty a tenu à revenir sur les propos de Serge Olivier remettant en cause le mode de fonctionnement de l’intercommunalité. Reprenant les articles cités par l’intéressé et rappelant la mise en place de commissions auxquelles M. Olivier ne s’est pas inscrit, il assure respecter toutes les règles démocratiques. Quant au dossier TEPOS pris en exemple lors du dernier conseil communautaire, il refit une chronologie précise des annonces et échanges opérées dans un délai restreint. « Tout cela s’est joué en 3 mois, les mairies étaient au courant, la CCMP n’était qu’un facilitateur » expliquait M. Florenty. « Si on n’est pas d’accord, quelqu’un tranchera » répondit M. Olivier, laissant présumer une possible action devant une instance juridique.

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