P1100636

L’école rurale contre la régression mathématique

Avec l’annonce de 8 suppressions de postes sur le département et d’une cinquantaine de fermeture de classes en tout, les écoles rurales sont durement mises à l’épreuve cette année. Du côté de la Vallée de l’Isle, la commune de Saint-Germain-du-Salembre se mobilise pour défendre cet acteur de proximité qui rassemble au-delà de la cour de récré.

Edit : C’est officiel, la quatrième classe de Saint-Germain-du-Salembre est sauvée, l’école ayant la certitude de recevoir 83 écoliers l’an prochain, soit autant que cette année. Une classe d’élémentaire a été perdue à Mussidan ainsi qu’à Neuvic.

P1100675

Un lundi pas comme les autres à l’école de Saint-Germain-du-Salembre

Le soleil et l’ambiance bon enfant qui règnent ce jour-là contrastent avec l’enjeu de la manifestation en cours lundi 14 avril. Avec quatre classes et un premier recensement de 79 écoliers en 2015-2016, l’école de Saint-Germain-du-Salembre fait partie de la cinquantaine de classes concernées par une possible fermeture de classe à la rentrée prochaine. En perdant 4 élèves par rapport à cette année, l’école franchit la ligne établie par l’inspection académique. « Un des critères d’évaluation serait d’avoir au moins 27 élèves par classe pour ne pas risquer de suppression de classe », explique un responsable des services scolaires, soit 81 élèves pour trois classes ici, contre quatre aujourd’hui. Un seuil qui était auparavant fixé à 25 élèves, et qui sera d’autant plus difficile à dépasser au fur et à mesure que celle-ci sera revue à la hausse.

32 enfants réunis dans l'espace détente de la maternelle, une équation difficile

32 enfants réunis dans l’espace détente de la maternelle, une équation difficile

À cette logique de la moyenne qui semble prévaloir au sein de la direction académique, les locaux opposent d’autres arguments tout aussi mathématiques si ce n’est plus qualitatifs. Au lissage pratique des chiffres s’oppose une réalité bien différente des démographies générationnelles. La logique voudrait qu’en cas de fermeture de classe, les effectifs soient répartis de manière équitable entre les huit années du primaire, avec deux groupes à trois niveaux et une classe à deux niveaux. Or, dans le meilleur des cas, la répartition donnerait 31 élèves en maternelle, 19 en classes intermédiaires et 29 pour les dernières années. Une équation peu évidente au regard de l’espace disponible au sein des classes, ainsi qu’en termes d’accompagnement pédagogique. Quant à une répartition égale des écoliers au sein des classes, cela obligerait à avoir partager des niveaux entre deux classes, risquant de créer un système à deux vitesses et de surcharger des instituteurs obligés de jongler entre quatre programmes différents.

« L’éducation ce n’est pas de la comptabilité »

Parmi les élus, des élus de la commune - le maire au micro - de la CCIVS et les représentants du conseil départemental

Parmi les soutiens, des élus de la commune – le maire au micro – de la CCIVS et les représentants du conseil départemental

Pour dénoncer ce cercle vicieux, les parents d’élèves ont trouvé un appui certain auprès des élus locaux. Jacques Ranoux, président de la CCIVS qui a la charge de la compétence scolaire depuis 2014, n’a pas hésité à prendre position : « C’est un combat pour une école de proximité, la première chance dans la vie d’avoir un enseignement de qualité ». Un choix politique appuyé par les projets antérieurs de la commune. Ainsi, le budget scolaire représente ici une part conséquente des investissements communaux, une variable non prise en compte dans ces calculs. « Depuis 2003, nous avons investi près de 900 000 € dans les bâtiments scolaires, avec la réfection de la cantine et des deux classes, ainsi que la remise à neuf de la maternelle en 2005 », fait valoir Jean-Yves Rohart, le maire de la commune. Une politique qui colle au dynamisme de l’école, qui avec seulement 57 élèves en 2001, a connu un pic avec 92 écoliers, avant de se stabiliser autour de 80 élèves dernièrement. Et c’est sans oublier l’atout d’un corps enseignant stable, dont la dernière arrivée date d’il y a huit ans.

Bref, autant de raisons qui peuvent expliquer la présence nombreuse de la population ce lundi, toute générations confondues. Les parents d’élèves, représentés par Anaïs Rumbao, comptent maintenir la pression jusqu’au bout des négociations, appelant à manifester jeudi 16 avril, 17 h à la place Yves Guénat, à Périgueux. Le maire Jean-Yves Rohart était quant à lui invité à Radio France Périgord au cours de la manifestation pour faire état de la situation. Enfin, au-delà de la médiatisation de l’affaire, les parties prenantes travaillent dans l’ombre pour faire remonter le nombre d’inscriptions. Les responsables ont ainsi fait remonté de nouvelles estimations, passant de 79 à 82 écoliers. Les conseillers départementaux Carline Cappelle et Jean-Michel Magne ont quant à eux annoncer qu’ils défendraient l’école rurale lors d’une rencontre avec les représentants de l’Éducation Nationale vendredi.

Si donc un espoir subsiste pour l’école, il n’est pas dit que les deux autres communes de la Vallée de l’Isle concernées, à savoir Neuvic et Mussidan, disposent d’autant de chances.

Edit : Au 14 avril, le nombre d’enfants inscrits pour l’an prochain monte à 83.

Bonus : Un petit aperçu du remix du tube de Patrick Sébastien repris par les parents et les enfants :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *