Dossier :

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Vallée de l’Isle – Scores et analyse du premier tour

Retrouvez les scores bruts sur toutes les communes du canton (en bas de l’article), l’analyse des scores des candidats, de l’abstention et autres subtilités.

La Vallée de l’Isle a rendu son verdict hier, en positionnant dans l’ordre les duos suivants :
Triquart-Doyotte (UDD) : 2306 voix soit 29,16% des suffrages
Cappelle-Magne (PS) : 2002 voix soit 25,31% des suffrages
Lauriou-Saez (FN) : 1682 voix soit 21,20% des suffrages
Chassin-Faure (FdG) : 963 voix soit 12,4% des suffrages
Gross-Yon (div) : 806 voix soit 10,16 % des suffrages

L’UDD, le PS et le FN sont en position de se maintenir pour le 2ème tour en réalisant plus de 12,50 % des inscrits, ce qui donnerait une triangulaire pour le canton de la Vallée de l’Isle.

Le poids du territoire se fait toujours ressentir dans ces élections, puisque les candidats réalisent de manière générale de très bons scores sur leurs terres de mandat, quand ils en ont un. Cependant la stabilisation du vote FN, qui ne mène pas autant qu’aux européennes mais reste haut, met à mal l’habituel bipartisanisme du deuxième tour.

Leur performance laisse un goût amer aux autres candidats qui se sont activés sur le canton pendant plus d’un mois, quand ces derniers n’ont fait aucune apparition publique. PS et UMP n’ont encore annoncés aucune date de rencontre, mais cela ne saurait tarder. Les candidats FN, interrogés le soir du vote, n’ont pas l’intention d’en faire davantage pour la suite.

La carte électorale du 1er tour

On revient sur les scores de chaque parti dans les communes du canton, avec cartes et analyse à l’appui :

L’UDD fort chez ses candidats – 2 306 voix (29,16 %)

L’Union des Démocrates de Dordogne a gagné son pari de passer devant les socialistes au premier tour sur le canton de la Vallée de l’Isle, mais se retrouve fragilisé par la situation de triangulaire.

Le ticket Doyotte-Triquart arrive premier dans 7 communes, et réalise ses meilleurs scores à Beauronne (46,89 %), Neuvic (46,47 %) et Mussidan (39,88 %), soit les trois communes dont sont issus ses candidats.

Cela reste cependant loin des 3 110 voix qu’elle avait récolté au premier tour des cantonales de 2008, et 500 voix de plus que son score aux européennes (1 806 voix).

Le PS résiste sur les coteaux – 2002 voix (25,31%)

Le parti socialiste s’attendait à une rude épreuve sur des terres qui lui sont généralement favorables. En se plaçant deuxième à 3 points de l’UDD, le duo Cappelle-Magne garde des chances de l’emporter, selon le soutien qu’il obtiendra de son aile gauche voire des électeurs qui ont préféré le binôme sans-étiquette.

Il se place largement en tête sur les terres salembraises des deux précédents conseillers généraux neuvicois, réalisant jusqu’à 62,50 % à Chantérac, dont Jean-Michel Magne est maire. Il garde la tête des scrutins dans 7 communes en tout.

Au total, le parti socialiste fait 2,5 fois moins bien qu’en 2008 où elle avait récolté 5 053 voix à l’issue du premier tour. Mais il fait le double de ce qu’il a récolté aux européennes de l’an dernier (1 075 voix).

Le FN se stabilise partout – 1682 voix (21,20%)

Leur percée européenne avait fait penser à celle des Verts lors des européennes de 2009, mais malgré un score moindre, le parti semble s’installer plus durablement dans le paysage. Un comble pour cette élection réputée très locale, alors que les deux candidats bergeracois apparaissaient en public pour la première fois dimanche, au bureau centralisateur de Neuvic. En faisant 13,14% des inscrits, ils se maintiennent au 2nd tour.

Le Front National termine premier dans 5 communes, dont les trois plus grandes villes après Mussidan et Neuvic, à savoir Sourzac (29,96 %), Saint-Laurent-des-Hommes (29,44%), et Saint-Médard-de-Mussidan (24,24%).

Le parti d’extrême-droite confirme ainsi en obtenant un nombre de voix quasi-similaire aux européennes de 2014 (1 617 voix) sur l’ensemble du territoire. Il semblerait donc que son réservoir d’électeurs n’est pas sensible à la dynamique locale de l’élection, et prêt à reproduire un tel vote à l’avenir. Certainement pas de quoi gagner le canton, mais bien trop pour ses concurrents encore en lisse.

Le Front de Gauche plus fort dans le mussidanais – 963 voix (12,4%)

Le Front de Gauche, représenté par Bernadette Faure et Frédéric Chassin, ne passe pas le second tour mais reste une force qui compte avec 12,4 % des suffrages. Reste à voir si le parti de gauche apportera son soutien unanime au parti socialiste, et si ses électeurs suivront.

Niveau implantation, il résiste mieux sur le mussidanais, et n’arrive premier que dans la petite commune de Saint-Séverin-d’Estissac.

Le FdG fait deux fois moins bien que le PCF des cantonales 2008, où il avait obtenu 1795 voix, et quasiment autant qu’aux Européennes 2014 où il avait obtenu 907 voix sur le territoire de la Vallée de l’Isle.

Les sans-étiquette Gross et Yon passent la barre des 10 % – 806 voix (10,16 %)

« Une réussite » appréciée par l’équipe sans-étiquette de ces élections, alors que Jean-Luc Gross considérait comme « une première victoire de pouvoir se présenter ». Un score avant tout porté par le soutien des concitoyens de sa commune, dont il est maire, où le duo réalise 54,20 % des suffrages exprimés. Il est également au premier rang dans les petites communes de Saint-Martin-l’Astier et Saint-Étienne-de-Puycorbier, avec plus de poids sur le mussidanais donc.

À la sortie des résultats, aucune consigne de vote de l’équipe n’était donnée. Reste à savoir si leurs électeurs suivront une logique partisane, Jean-Luc Gross ayant appartenu à l’UMP auparavant, et préfèrent alors peut-être ces candidats. Rien n’est moins sûr suite au conflit ouvert avec les candidats de l’UDD suite à son éviction de la candidature… Quant à l’idée de « proximité » vantée par le duo sans-étiquette, elle pourrait bénéficier au binôme socialiste puisque le candidat Jean-Michel Magne est maire d’une petite commune et s’en fait l’un des grands défenseurs.

 Abstention, votes blancs et autres subtilités

Au-delà des suffrages exprimés, c’est-à-dire des votes faits pour un des binômes, il existe une diversité de situation :

  1. l’abstention pure et simple, qui consiste à ne pas se déplacer pour mettre une enveloppe dans l’urne. Elle s’exprime par la différence entre le nombre d’inscrits sur la liste électorale et le nombre de votants. Certains peuvent agir de la sorte pour marquer leur désaccord avec les candidats en lice, d’autres ont tout simplement mieux à faire que de remplir ce devoir citoyen. La différence est là difficile à faire.
  2. le vote blanc, qui exprime généralement un rejet des candidatures en lice, un acte citoyen souhaitant signaler qu’il ne se sent représenter par aucun candidat et / ou programme. Concrètement, il s’agit d’une enveloppe vide ou avec un papier sans écriture déposé dans l’urne.
  3. Le vote nul, qui est un entre deux, c’est-à-dire qu’une inscription, une rature sur un bulletin ne conviennent pas au regard de la loi, et le bulletin est ainsi jugé nul. Il peut exprimer une désapprobation comme le vote blanc, ou faire la joie des farceurs qui veulent faire réagir lors de l’austère décompte des voix.

Ces trois indicateurs peuvent donc être des indicateurs de l’intérêt de la population pour un scrutin. Voilà ce qu’on peut retenir de ce premier tour d’élections départementales :

L’abstention : La moyenne cantonale est moins importante que la moyenne départementale (36,17 % contre 40 % pour la Dordogne, 49,10 % en France), et varie de 47,30 % (Saint-Michel-de-Double) à 22,41 % (Vallereuil). Les plus gros réservoirs de voix se trouvent à Mussidan (846 abstenus), Saint-Médard-de-Mussidan (476), Saint-Laurent-des-Hommes (358) ou encore Neuvic (855 abstenus), des voix qui vont être certainement difficiles à aller chercher pour le second tour.

Votes blancs et nuls : Ici, nous faisons l’analyse ensemble car une inconnue pèse sur le traitement des enveloppes sans bulletin valide. Apparemment, des irrégularités auraient eu lieu, notamment à Sourzac, où des votes qui auraient du être considérés comme blancs ont été mis dans la catégorie « vote nul ». Ainsi, quand la majorité des communes ont une part plus importante de votes blancs que de votes nuls, d’autres voient cette tendance largement inversée. C’est donc le cas de Sourzac (1 vote blanc pour 27 votes nuls), des Lèches (0 vote blanc pour 11 nuls), de Saint-Martin-l’Astier (0 blancs pour 7 nuls), Saint-Jean-d’Ataux (0 blanc, 4 nuls) ou encore Chantérac (2 blancs, 11 nuls). Sans présumer d’une erreur systématique, cette possible confusion ne rend pas l’analyse certaine.

Outre cette précaution, le taux de votes blancs sur le canton par rapport au nombre de votants est de 2,90 %, et le nombre de votes nuls est de 2,14 %. Les deux seuls communes qui peuvent attirer l’attention à ce titre sont Saint-Sèverin-d’Estissac, qui bien qu’avec un des meilleurs taux de participation (76,39 %) compte 16,36 % de votes blancs sur les votes exprimés, ainsi que Saint-Aquilin, qui en plus d’avoir le 2ème plus fort taux d’abstention (42,44 %) a également 7,83 % de blancs parmi ses votants.

Tout ça pour dire que nous sommes tout de même loin des 79,09 % de participation des élections cantonales de 2008, tandis que les votes blancs et nuls restent stables. On peut se satisfaire d’être généralement au-dessus des statistiques nationales, les 7 dernières années ont indéniablement laissé des marques sur la vitalité démocratique du territoire. Sauf pour les municipales.

Retrouvez le score de l’ensemble des communes du canton sur ce tableur :  Résultats 1er tour départementales 2015.

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