Dossier :

De gauche à droite : Aude Charmarty, Jean-Luc Gross, Sylvie Yon, Alain Dominique

Élections départementales : deux listes, deux styles

Les deux autres binômes du canton, le ticket Triquart-Doyotte pour l’UMP et les sans-étiquette Yon et Gross, ont attendu le coup de départ officiel de la campagne pour démarrer leurs rencontres publiques avec la population. Un marathon bien rôdé pour les uns, deux rencontres ouvertes pour les autres.

À défaut d’attirer les foules du canton de la Vallée de l’Isle, les rencontres publiques des candidats aux élections départementales constituent un moment intéressant pour se faire un avis. Non pas qu’ils exposent des programmes profondément différents – « proximité », « défense du département », « circuit court » sont dans toutes les bouches – mais chacun tente d’afficher son propre style. Après le PS et le Front de Gauche précédemment, deux autres binômes ont commencé leur opération charme.

De gauche à droite : Liliane Escat, Stéphane Tricart, Paulette Doyotte, Jean-Charles Marie

De gauche à droite : Liliane Escat, Stéphane Triquart, Paulette Doyotte, Jean-Charles Marie

À l’UMP, quelques mots viennent vite à l’esprit : riche et cadré, à l’image de leur communication envoyée aux foyers du canton. Déjà à travers le calendrier de campagne, puisque la première rencontre a eu lieu le 9 mars, jour de l’ouverture officielle de la campagne, et la dernière se déroulera le 20 mars pour sa clôture. Entre ces deux dates, ce sont 19 rencontres qui sont programmées pour 21 communes, soit le tour du canton le plus chargé. Une épopée qui fait penser à celle orchestrée par François Roussel et Jean-Jacques de Peretti lors des sénatoriales 2014, qui avaient alors beaucoup tourné sur le département, mais avaient échoué face aux sénateurs sortants du PS. Puis quand vient l’heure de prendre la parole, les candidats récitent leur texte savamment orchestré. Après une brève présentation de chacun, les candidats titulaires Paulette Doyotte et Stéphane Triquart développent simultanément l’argumentation de leur programme : une dette à renégocier, des frais de fonctionnement à revoir, critique de Lascaux 4, objectif de l’emploi, renforcement du ferroviaire vers Bordeaux, RN 21, agriculture… L’écologie figurent en bonne place dans leur discours, entre « croissance verte » pour Paulette Sicre-Doyotte et dicton amérindien pour Stéphane Triquart. Le docteur et la cadre supérieure font en tout cas preuve d’une certaine aisance orale et d’une technicité pas toujours évidente pour le citoyen présent. C’est seulement en fin de rencontre que les langues se délient pour offrir un lot d’attaques sous-entendues sur la gestion actuelle, parfois taxée de clientélisme. Ils ne remettent pas pour autant en cause lensemble des compétences saisies par le conseil général socialiste au nom de la compétence générale – aide aux communes et aux associations, agriculture, tourisme – et laissent parfois dubitatifs entre la rigueur financière annoncée et une politique d’investissement ou encore des besoins de voirie onéreux.

Un binôme sans-étiquette

Une prestation qui se distingue de celle du binôme étiqueté « divers droite » par la préfecture, composé de Jean-Luc Gross et Sylvie Yon. Pourtant, ceux-ci s’affirment sans-étiquette et jurent ne prêter d’allégeance à aucun groupe spécifique, préférant rallier les projets sur l’idée d’intérêt général. « J’ai vécu des choses personnelles qui font que dans la politique, il n’y a plus d’intérêt général », dit l’ancien encarté UMP Jean-Luc Gross, évoquant le partage partisan des communes de Sourzac et de sa commune Beaupouyet au sein de la commission intercommunale du département.

De gauche à droite : Aude Charmarty, Jean-Luc Gross, Sylvie Yon, Alain Dominique

De gauche à droite : Aude Charmarty, Jean-Luc Gross, Sylvie Yon, Alain Dominique

Dans la salle de la mairie de Vallereuil, jeudi 11 mars, l’équipe au slogan « Proche de vous » s’applique à décliner une image de terrain, avec une base résolument terrienne : Jean-Luc Gross et Alain Dominique sont agriculteurs, les deux remplaçants président les comices de Saint-Astier et Mussidan. Ici, ce ne sont pas tant des cadres maîtrisant l’aspect technique des dossiers que des employés du service public qui évoquent de nombreuses anecdotes du quotidien. Aude Charmarty, aide-soignante et remplaçante, parle de situations implicites de maltraitance et des longs délais des dossiers sociaux, soulevant le manque de moyen et de personnel auprès des personnes fragiles. Les hommes évoquent quant à eux la structure économique d’un de leur confrère agriculteur et également candidat en rupture avec l’UMP aux départementales, Laurent Mathieu, maire de Montignac. Celui-ci préside le groupement d’employeurs rural du sarladais et vient en appui aux agriculteurs pour les remplacer, un modèle que le ticket juge trop méconnu. Quelques idées concrètes filtrent comme la liaison du canton vers Bergerac, tandis que les principes s’articulent autour de la défense de la ruralité, de l’agriculture raisonnée.

Lors de cette rencontre « sans ordre du jour », l’échange avec la salle prévaut rapidement, quitte à ne pas être ordonné. Les participants lancent par exemple le débat sur la fessée qui dévie sur la sympathie des chauffeurs de bus scolaires, évoquant tant les problèmes de respect de la part des jeunes que des moins jeunes. Une série de débats qui ne sont pas forcement tranchés au sein de l’assemblée présente ce soir là, mais qui offrent un côté rafraîchissant dans un contexte démocratique morne. Une seule autre occasion se présentera pour rencontrer cette équipe, jeudi 19 à Saint-Laurent-des-Hommes. Pour toutes les rencontres à venir dans le canton, rendez-vous sur l’agenda.

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