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Zones humides : chapeaux, vison et bottes de pluie

A une semaine près, la découverte de la zone humide du Biâcle, petit affluent de l’Isle à Douzillac, aurait été autrement plus périlleux au regard des traces laissées par la montée des eaux sur les écorces des arbres. Cette balade du dimanche, le 8 février plus exactement, clôturait par ailleurs une série d’expéditions pédagogiques après celles de Montpon-Ménestérol, Montagnac-la-Crempse et Saint-Seurin. Ces sorties sont organisées depuis plusieurs années par le SMIVI aux alentours de la journée mondiale des zones humides, le 2 février, date qui célèbre la signature de la convention de Ramsar (Iran) en 1971, convention qui visait à préserver ces espaces aussi riches que fragiles. Quarante-quatre ans plus tard, la préservation de ces écosystèmes est toujours plus d’actualité.

Xavier Minglis présente les différentes empreintes d'animaux

Xavier Minglis présente les différentes empreintes d’animaux

Ce jour-là, c’est Xavier Minglis, l’animateur nature de l’association Paysages basé au moulin du Duellas, qui intervient auprès du groupe d’aventurier. Habitué des zones humides, il déniche rapidement les traces laissées par la faune sauvage, qu’ils marchent sur leurs ongles, comme les sangliers et chevreuils, sur leur doigts, à l’instar du renard, ou sur la plante des pieds (blaireaux, hommes). Plus loin, c’est un piézomètre qu’il découvre, caché entre les rangs de peupliers, un objet qui permet de suivre le niveau de la nappe alluviale, qui communique directement avec la rivière.

Car la zone humide joue un rôle considérable tant dans le traitement des eaux d’écoulement et la ralentissement des crues ou la restitution d’eau en période de sécheresse, telle une éponge naturelle. Il en va également la préservation d’un grand nombre d’espèces protégées, à l’instar du vison et de la cistude d’Europe, tous deux présents sur le bassin islois. Et cet écosystème peut subir toutes sortes de pression. On parle ainsi souvent d’espèces végétales ou animales invasives, comme l’érable negundo qui prend la place des traditionnelles aulnes et frênes sur la ripisylve et favorise l’érosion des berges, ou le cormoran qui impacte la pêche, sans pour autant impacter la zone. De même, la disparition des bosquets au profit de terres agricoles ou de plantation de peuplerais peut réduire considérablement l’espace habitable de la faune locale.

Sur la zone du Biâcle, le syndicat des berges de l’Isle tente d’influer sur les pratiques agricoles et forestière en rachetant des parcelles. A cela s’ajoute la finalisation prochaine du plan Natura 2000 sur le bassin de l’Isle, qui proposera aux propriétaires concernés par la zone retenue des incitations financières en contrepartie de l’adoption de bonnes pratiques. Quant à la véloroute voie verte que l’on aperçoit de l’autre côté de la rive, sur le plateau de Sourzac, prudence reste de mise : les études d’impact ont a priori permis d’adapter le tracé en conséquence. S’en vient par ailleurs non loin de là, la prochaine pose d’une passerelle entre Sourzac et Sain-Louis-en-l’Isle, mardi 17 février.

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