Dossier :

Le monde s'affaire autour de Daniel Lacombe à Sourzac

Sur les traces des champignons périgourdins

Pour tout amateur de champignons, la période actuelle s’apparente à une véritable chasse au trésor, souvent en quête du saint Graal : le cèpe. Quitte à ignorer voire détruire au passage tout ce qui ne ressemble pas à une des quelques espèces ultra-connues de la région. « On peut classifier trois catégories de cueilleurs : les « ça se mange », les « ça s’étudie » et les « ça s’écrase » », résume une sociétaire de l’association de mycologie périgourdine (SMP). Le champignon, bien que difficilement cultivable, semble inexorablement connaître le même sort de l’industrie agroalimentaire et devient sujet à une standardisation intensive. Mais la résistance se met en place autour de l’association qui organise de nombreuses sorties à visée pédagogique partout dans le département.

Le monde s'affaire autour de Daniel Lacombe à Sourzac

Le monde s’affaire autour de Daniel Lacombe à Sourzac

Ainsi, dès 9 h 30 vendredi 24 octobre, une trentaine de personnes munies de leur panier et quelques novices avec des sacs plastiques partaient à l’assaut de la forêt de Talabot à Sourzac. Une consigne principale, édictée par le président de la SMP Daniel Lacombe : cueillir toutes sortes de champignons, sans discrimination de comestibilité. Là, l’esprit de partage et de pédagogie prend le dessus parmi les participants connaisseurs et les plus nouveaux quand le « ça se mange » cherche généralement à garder secret ses lieux de prédilection. L’après-midi, tout le monde déverse sa cueillette sur le stand de Daniel Lacombe, un des rares initiés du département – il en dénombre 5 ou 6 – à pouvoir déterminer aisément les différentes espèces présentes. Différences entre la vue, l’odeur voire le goût, le flot d’informations rend tout aussi admiratif qu’anxieux ceux qui assistent à la séance. A l’écart de cette démonstration, les plus courageux s’essaient à la détermination accompagné d’un livre et d’un outillage de biochimie, seul à même de distinguer certaines espèces. Au final, une centaine de spécimens différents auront été identifiés lors de cette sortie prolifique.

Deux jours plus tard le dimanche, la SMP tenait son exposition annuelle au centre Victor Hugo à Mussidan. Là, l’ensemble des panneaux informatifs et la patience des connaisseurs permirent aux visiteurs de compléter leur apprentissage de terrain. On s’étonne au stand de l’odorat de sentir un champignon à l’odeur de gaz d’éclairage ou poire-chocolat. On s’essaie également avec plus ou moins de réussite à reconnaître les comestibles des non comestibles, avant de découvrir dans la salle suivante pas moins de 320 espèces différentes cueillies ces derniers jours dans le département. Une richesse qui contraste malheureusement avec les moyens limités dont disposent les mycologues pour renseigner notre territoire. Guillaume Eyssartier, un des rares mycologues professionnels, auteur de nombreux livres et originaire du département, soulevait déjà ce problème dans une vidéo publiée sur internet début 2013, intitulée « Un moment mycologique ». Pour cela, les sociétés départementales de mycologie constitue un relais pertinent et vivant, la SMP comptant près de 290 adhérents. Et pour les plus curieux, les prochaines sorties de l’association sur le département sont disponibles sur leur site www.smp24.pagesperso-orange.fr.

Le résultat des dernières semaines de cueillette

Le résultat des dernières semaines de cueillette

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