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Le Moyen-Age envahit le Salembrais

On aurait cru une à une attaque des puissants comtes de Talleyrand-Périgord, nichés sur l’autre côté de la vallée de l’Isle, rendant visite aux voisins chantéracois. Mais les hostilités furent seulement de mise lors du repas médiéval de samedi soir, où 190 convives ont fait la peau aux andouillettes de Mathias de Lisle et au boudin de Martrenchas de Saint-Aquilin. De quoi prendre tranquillement le reste du week-end des Patrimoniales de la Vallée du Salembre.

Car le week-end dernier était bien chargée pour l’occasion. Le vendredi soir, les deux sœurs des Bizbilles entraient en scène, accompagnées d’une accordéoniste et d’une clarinettiste, pour proposer des chansons poétiques et pleine d’humour. Le samedi matin, quoi de mieux qu’une marche de 12km pour se rappeler ce qu’était le monde avant l’arrivée des appareils motorisés sur nos routes de campagne ? Pour les plus cérébraux, une conférence sur l’ingénierie du moyen-âge le samedi soir et une le dimanche matin sur l’église Saint Pierre Es Lien, classée monument historique et remarquable par ses vitraux et l’ampleur de sa nef. Le dimanche midi, la municipalité inaugurait un panneau d’affichage pas comme les autres sur la place du village, fait de pierres et de bonne volonté par les acteurs locaux. Enfin, les visiteurs ont pu découvrir toutes sortes d’animations et de stands mettant en valeur les arts de l’époque : poterie à corde, tuiles moulées sur la jambe, jeux aux poteaux…

Parmi eux, la troupe de reconstitution historique « les Enguigneurs », « ingénieurs » en vieux français, est venue pour l’occasion d’un peu partout du département et des environs pour planter leurs tentes et expliquer l’art de la guerre moyenâgeuse. Si les canons, en pleine démonstration le dimanche, sont déjà bien présents dans l’armada de l’époque, « les projectiles étaient très souvent constitués des restes trouvés chez le forgeron, du gravier, ou encore ce qui marchait bien, c’était des esquilles de silex » explique le capitaine de la bande. De quoi calmer les espoirs de personnes croyant avoir identifiés des vestiges de la préhistoire lors d’une découverte. Le déroulement des batailles ne manquait pas moins de surprises : quand les tireurs de canon sont aujourd’hui retranchés à l’arrière, ils étaient à l’époque en première ligne, du fait de la courte portée des engins. Certains combattants étaient même enchaînés à leur arme pour être certains qu’ils ne désertent pas…

Les élus découvrent le canon des enguigneurs

Les élus découvrent le canon des enguigneurs

La communauté de communes, venue en soutien financier de l’événement, justifie son geste à travers les mots de son président Jacques Ranoux : « On a tout intérêt à jouer cette carte du patrimoine du Moyen-Age, nous avons un patrimoine riche ne serait-ce avec le comté de Grignols. Il n’y a pas que la préhistoire en Dordogne ». Sans compter qu’elle jouait également la carte de la gastronomie ce week-end là au château de Neuvic. Peut-être que ces deux événements réunis feraient une bonne paire d’as à l’avenir.

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