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Assainissement : la moyenne vallée de l’Isle découvre le prix de l’écologie

Deux ans après la mise en place effective de la loi sur l’eau, les villages de l’ancienne communauté de communes de la moyenne vallée de l’Isle se mettent au pas sur l’assainissement non collectif. En commençant par Beauronne et Saint-Jean-d’Ataux, élus et techniciens ont été confrontés à une population en partie hostile à l’idée de payer pour un service vécu comme une contrainte supplémentaire.

Régulièrement qualifié d’enjeu clé du 21e siècle, l’assainissement des eaux usées fait encore des remous dans certaines communes. Alors que les petits villages ruraux sont rarement sujets aux règles sur l’assainissement collectif du fait de l’éloignement des foyers, ils doivent cependant respecter la loi sur l’eau du 30 décembre 2006, qui exigeait un contrôle régulier des installations non collectives d’ici le 31 décembre 2012. Sur le territoire de Beauronne et Saint-Jean-d’Ataux, cette tâche incombe désormais à la communauté de communes de l’Isle, Vern et Salembre (CCIVS) qui a intégré cette compétence lors de la fusion de trois communautés de communes. Or, l’ancienne communauté de la moyenne vallée de l’Isle, à laquelle appartenait les deux communes, ne s’était pas encore mis en règle contrairement aux deux autres territoires.

C’est dans ce contexte que le conseil communautaire avait validé l’embauche de la Lyonnaise des eaux pour le contrôle des installations non collectives du territoire pour une durée de 5 ans en juin dernier, et avait programmé en priorité les communes en retard. Deux techniciens feront ainsi le tour des installations dans les mois à venir. Si celles-ci ne sont pas aux normes, les usagers devront procéder à des travaux de mise aux normes sur la base des conseils des techniciens. De la même manière, tout achat de terrain constructible devra faire l’objet d’une étude de terrain pour l’obtention d’un certificat d’urbanisme. En contrepartie, les particuliers devront désormais payer un forfait de 24€ par an et devront faire vidanger leurs eaux usées par un professionnel agréé dès lors que le taux de boue sera au-dessus de la norme. « Soit en moyenne tous les quatre ans », selon le technicien présent lors de la réunion publique tenue à Beauronne samedi 27 septembre.

La population, venue en nombre pour découvrir le service public de l’assainissement non collectif (SPANC), n’a pas été tendre avec les techniciens et les élus, certains mettant en parallèle l’arrivée de nouveaux frais pour les particuliers avec la montée des extrêmes, invitant les élus à faire remonter le message. Le maire de Jaure Francis Gaillard, responsable du SPANC à la CCIVS, a rappelé que le débat politique sur cette question avait eu lieu bien auparavant et que leur rôle était de mettre en place les lois votées. Les maires de Chantérac et de Beauronne, Jean-Michel Magne et Jean-Charles Marie, tous deux vice-présidents de la CCIVS dans le pôle technique, ont quant à eux rappelé l’importance sanitaire et écologique d’un tel service, qu’aucun parti politique ne remet désormais en cause. Et ont minimisé le coût engendré par ce système par rapport aux populations raccordées à un assainissement collectif, qui ont vu le prix de l’eau doubler voire tripler après cette mise aux normes. Les prochaines communes concernées par les contrôles du SPANC seront Douzillac, Sourzac, Vallereuil, Saint-Sèverin-d’Estissac et Neuvic.

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