P1020060

Retour en arrière à Vauclaire

Nous sommes en 1918, l’ancien monastère de Vauclaire s’apprête à devenir un hôpital psychiatrique alors que les États-Unis s’engagent pleinement dans le conflit mondial sur le sol européen. Dès lors, le bâtiment sera occupé le temps d’une année par le staff médical américain pour soigner plus de 9000 de ses soldats blessés, bousculant brièvement le quotidien montponais. Rares sont ceux à connaître ce pan d’histoire de l’institution psychiatrique périgourdine. Stéphane Balistreri, metteur en scène de la compagnie Galop de Buffles, a décidé de la remettre au goût du jour lors d’une pièce de théâtre joué les 4, 5 et 6 juillet dans le grand cloître de l’établissement, intitulée The Vauclaire Hospital Base n°3.

Si le spectacle ne fait déjà plus partie de l’actualité brûlante, il mérite néanmoins un dernier coup de projecteur par la richesse de sa démarche historique et sociale, ne serait-ce pour convaincre de nouveaux spectateurs de venir les trois prochaines années. En effet, Stéphane Balistreri souhaite renouveler l’expérience chaque année marquant le centenaire de la Grande Guerre.

Le génie des petites mains

Ce projet, c’est tout d’abord une démarche personnelle du metteur en scène, en quête d’une histoire dans les coins de sa ville d’adoption, Montpon-Ménestérol, pour sa nouvelle création. Tombé sur un recueil technique relatant cette période, il retrouvera entre autre un mémoire d’un soldat afro-américain qui a été convalescent à Vauclaire dans les archives du Mount Sinaï Hospital, l’établissement qui s’était déplacé et qui existe toujours à New York. La force de son histoire est alors de mêler le destin de l’armée française dans la guerre de tranchées, retranscrite dans une vidéo diffusée au cours de la pièce, et celui des américains à travers une mise en scène bichrome.

Dès lors, il saura s’entourer de nombre de petites mains pour tisser les fils de son récit. D’une part, c’est une petite communauté anglophone qui va l’aider tantôt à traduire les textes d’origine, tantôt à former les acteurs à prendre le bon accent au cours de la pièce, qui alterne français, anglais et patois de l’époque. Contrainte par des financements limités, la compagnie administrée par Jean-David Cohen fera appel à pas moins de cinquante amateurs bénévoles pour assurer le tournage de la vidéo en février 2014 et la tenue du spectacle en juillet.

Les photos d’époque collectées, elles, serviront alors de patrons aux couturières de la Bobine, entreprise d’insertion de Neuvic, recontactée par Galop de Buffles après une première collaboration réussie pour un spectacle de marionnettes en décembre dernier. Avec les contraintes de fabrication des costumes, allant de la reproduction des costumes d’époque, au respect les recommandations du metteur en scène et les mensurations des acteurs, c’est un panel de compétences supplémentaires à faire valoir sur le marché de l’emploi pour les salariées en insertion. Le projet artistique a même su convaincre au-delà des seules relations économiques. Preuve de l’engagement total qui lie les parties prenantes au spectacle, Pascaline Sylvestre, encadrante de la Bobine, participa au spectacle en tant que comédienne bénévole, se prêtant au jeu des répétitions et de l’apprentissage théâtral. L’expérience humaine n’a cessé de s’enrichir au contact de personnes handicapés ou en difficultés lors d’ateliers théâtre avec l’hopital de jour de Bergerac ou avec l’association Electro’GEM à Périgueux.

Après le carton plein des trois soirées de représentation, qui ont rassemblé en tout plus de 630 personnes, la poursuite du projet sur les prochaines années semble bien engagée.

One thought on “Retour en arrière à Vauclaire

  • 16 août 2015 à 18:05
    Permalink

    je cherche des renseignements sur le livre du soldat JACKSON et sur l’hôpital américain base
    n°3; Avec tous mes remerciements,
    James CABIROL

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *