Dossier :

photo 2

CCIVS, Tome 2, Acte 1 : un bureau à point nommé

Comme le jour d’une première répétition de pièce de théâtre, les conseillers-acteurs sont arrivés quinze minutes en avance sur le décor pour jauger leurs collègues, ne connaissant alors que leur propre partition. Le metteur en scène, Jacques Ranoux, introduisait alors rapidement le déroulement de la séance en proposant les rôles principaux. Il sera le héros de la pièce (Président), il y aura cinq autres acteurs principaux (Vice-Présidents référents) et sept rôles secondaires (vice-présidents).

Voilà ce qu’a pu ressentir le rare public curieux avec les premiers pas du nouveau conseil communautaire de la CCIVS. Parmi eux, les plus incrédules s’attendaient certainement à des élections disputées, signe de vitalité politique. Il n’en fut rien, et quelques voix contestataires dans l’arrière-plan chuchotaient au fil de la pièce leur désaccord devant cette pâle réplique d’instance démocratique. Car le scénario de cette cérémonie avait été bien à l’avance, et malgré quelques surprises et couacs, le résultat était déjà prévisible.

Après élection donc de Jacques Ranoux à la présidence de la CCIVS, ont suivi dans l’ordre les cinq « nominations » suivantes : François Roussel pour le développement du territoire, Jean-Michel Magne pour les services techniques, Isabelle Marty pour les moyens généraux et Jean-Luc Laforce pour le socio-éducatif. La petite surprise vient de l’élection de Jacques Monmarson au poste de vice-président délégué aux relations institutionnelles (avec l’État, la région, le département…). Si l’ancien maire de Saint-Astier est riche d’expériences et de relations à faire valoir dans l’intercommunalité, il reste pour beaucoup le symbole d’une gauche chancelante après son échec aux municipales, quand ce n’est pas celui d’une élite politique qui s’accroche aux dernières branches, plutôt que de céder et de former les nouveaux venus. Malheureusement, les emplois d’avenir ne touchent pas le monde politique.

Ont suivi les nominations en tant que vice-présidents de Francis Gaillard (Jaures), Jean-Charles Marie (Beauronne), Patrick Gueysset (Grignols), Jean-Michel Raynaud (Douzillac), Jean-Yves Rohart (Saint-Germain-du-Salembre), Didier Banizette (Léguillac-de-l’Auche) et Philippe Perlumière (Sourzac). Ont alors été élus cinq autres membres du bureau, représentant les communes n’ayant de vice-présidence, afin qu’ils constituent tous ensemble le comité de pilotage stratégique de la CCIVS.

Dès lors, face aux accusations faciles de simulacre démocratique, il faut tout de même rappeler que l’intercommunalité reste un ovni institutionnel dont les modalités changent d’un territoire à l’autre. Que le débat nécessaire à la prise de décision a eu lieu en amont, et que dès lors que le choix fut unanime sur l’élection de Jacques Ranoux, porteur d’une vision « une vice-présidence par commune », il fallait bien que les choses aient été discutées en amont. Mais il n’en reste pas moins que la première impression qu’a pu donner la CCIVS est celle d’une boite noire, où les lobbys partisans ont réussi à négocier des places malgré leur disgrâce électorale. Et nul doute que cet argument fera l’affaire de ceux encourageant la vindicte populaire face à une classe politique jugée renfermée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *