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La Fabrique des inégalités de genre

La Fabrique accueillait vendredi soir un sacré bout de femme, ou plutôt une femme à part entière, Chloé Martin, pour remettre de l’ordre dans notre usage du genre au quotidien, avec un humour parfaitement mesuré.

Dans cette pièce intitulée «La Part Égale», la jeune comédienne se met en scène, sous le pseudonyme de Justine, en quête de sa chatte, invisible entre les cartons de son déménagement. L’imbroglio textuel occasionné – parler de chatte quand on est une femme – constitue le point de départ d’une longue escapade dans les méandres du verbe conjugué au féminin. Et d’aborder des sujets de société à travers une série de personnages brillamment interprétés : les préjugés et expressions sexistes, l’évolution de la place de la femme dans les mondes réels ou de fiction, la vie sexuelle féminine… Tout cela avec une légèreté admirable, capable de désamorcer le blocage des plus prudes et de faire rire une salle entière.

C’est au croisement de l’amour du théâtre et de l’engagement citoyen que la jeune comédienne avait commencé dès 2002 à prendre des notes sur le sexisme ordinaire, pour accoucher de cette pièce en 2009. Le spectacle tourne depuis à travers toute la France, devenant en même temps une introduction à l’égalité des sexes très appréciée par les établissements scolaires. Son passage en Dordogne a d’ailleurs pris une saveur polémique il y a tout juste deux semaines, lors de sa représentation à Périgueux. Gênés par la récente controverse sur l’apprentissage du genre à l’école, les représentants de l’inspection académique ont préféré ne pas relayer l’information du spectacle aux établissements scolaires locaux, preuve qu’un long chemin reste encore à faire dans les esprits de certains.

A Saint-Astier, la représentation a été permise par la collaboration de quatre structures locales : Femmes Solidaires, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), le Planning familial de Dordogne et le CRAC. Ces dernières ont ainsi organisées une exposition sur le droit des personnes et plus particulièrement des femmes sur la planète. Leurs représentantes se sont également jointes à la comédienne en fin de spectacle pour engager la discussion avec le public sur l’ensemble des sujets traités dans le spectacle.

Chloé Martin déménage et ouvre des boîtes trop souvent closes (Crédit Photo : Doumé)

Chloé Martin déménage et ouvre des boîtes trop souvent closes (Crédit Photo : Doumé)

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