Bruits de campagne – Les conseils prennent un coup de vieux

Loin des débats nationaux et citadins qui voudraient qu’un virage politique ne se prenne que vers la droite ou la gauche, les quelques scrutins ruraux nous ont enseigné une autre leçon dimanche soir : à la fin, c’est l’expérience – c’est-à-dire le vieux – qui gagne. Car les deux seconds tours de la vallée de la Beauronne ont basculé en raison d’une règle d’un autre temps : «En cas d’égalité, c’est le plus âgé qui est élu».

A Saint-Vincent-de-Connezac, c’est autour de la quinzième place que tout s’est joué, alors que les quatorze premiers postes se répartissaient à part égale entre les listes de Serge Magne et Jean-Claude Arnaud. Avec chacun 156 voix, Gérard Dauriac et Françoise Tourneville pouvaient obtenir la majorité pour leur liste. Mais c’est le premier qui obtient gain de faveur en raison de son âge plus avancé, offrant la place de maire à Jean-Claude Arnaud. Le duel aura donc été serré jusqu’au bout, les votes s’étant polarisant sur les deux listes en tête à la sortie du premier tour, délaissant la troisième la liste de Laurent Dana. Avec 45 candidats pour 457 inscrits, soit 10% de la population au sein des trois listes, souhaitons que l’élan citoyen perdure à travers des formes complémentaires et alternatives à la municipalité.

Un peu plus en aval, à Saint-Front-de-Pradoux, l’équilibre au sein du nouveau conseil municipal est différent mais la logique est la même. Commune concernée par le scrutin de liste entière, les deux principaux rivaux du premier tour, Serge Olivier et Pierre-André Crouzille, se sont vus attribuer le même nombre de voix : 277, soit 38,15% des suffrages exprimés. Si le premier avait pris l’avantage au premier tour, c’est le second qui rafle onze sièges au final, du fait d’une moyenne d’âge plus élevée de sa liste, de trois ans de différence. La liste de Serge Olivier n’aura que trois conseillers, le dernier poste allant à Jean-Marc Barradis qui avec ses 12%, soit 38 voix de moins qu’au premier tour, s’offre un lot de consolation.

Confusion à Saint-Front

Ainsi, ceux qui voudraient faire de la jeunesse des candidats un argument de campagne devront se méfier en cas de scrutin serré. L’article L. 253 du Code électoral pourrait avoir raison de vos convictions. Cette loi, votée en 1982 mais probablement basée sur des conceptions plus anciennes, établit que lorsque le vote ne suffit pas, l’âge l’emporte. Un critère pas moins partial qu’un autre, en accord avec l’adage populaire faisant de la sagesse une qualité venant avec le temps, mais quelque peu décourageant pour une population en quête de renouvellement et rajeunissement de ses représentants.

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